En bref : Chez l’homme qui avance en âge, l’odeur corporelle peut changer parce que les graisses de la peau évoluent, et certaines se dégradent en composés odorants comme le nonénal. La sueur, les bactéries de la peau, les vêtements et certains médicaments jouent aussi. Le plus utile est une routine régulière : toilette quotidienne en soignant la nuque, les oreilles, la poitrine et le dos, vêtements propres dans des matières qui respirent, et taie d’oreiller changée souvent.
Les hommes en parlent peu. Vous l’avez peut-être remarqué vous-même, ou un proche vous en a touché un mot : pas l’odeur vive de la transpiration, mais une odeur plus sourde, un peu grasse, sur un col de chemise, l’oreiller ou le fauteuil habituel. Cela n’a rien à voir avec de la négligence. Voici ce qui change avec l’âge, et une routine qui prend quelques minutes par jour.
Pourquoi l’odeur change chez l’homme âgé
Il y a rarement une cause unique. Le plus souvent, c’est un mélange : sébum qui évolue, sueur et bactéries, vêtements et habitudes.
Le nonénal, une odeur venue du sébum
Chaque jour, la peau fabrique un fin film gras. En 2001, des chercheurs du groupe cosmétique japonais Shiseido ont rapporté que certains acides gras de ce film, ainsi que des graisses déjà oxydées, augmentent avec l’âge. En se dégradant, ces acides gras libèrent du 2-nonénal, un composé à l’odeur grasse et herbacée. L’équipe ne l’a trouvé que chez les participants de 40 ans et plus (Haze et al., 2001, Journal of Investigative Dermatology).
Ce n’est pas une affaire d’hommes uniquement. Une étude japonaise menée sur la nuque a montré que le 2-nonénal émis par la peau augmentait avec l’âge chez les deux sexes (Kimura et al., 2016, Journal of Chromatography B). Et une étude américaine n’en a pas détecté du tout, même si d’autres composés étaient plus abondants chez les adultes âgés (Gallagher et al., 2008, British Journal of Dermatology). Pour le contexte complet, lisez qu’est-ce que le nonénal ?
Le diacétyle, une autre piste japonaise
Au Japon, un autre composé, le diacétyle, est associé à l’odeur de l’homme d’âge moyen. La même étude sur la nuque a pourtant trouvé que le diacétyle culminait chez les trentenaires, diminuait après la quarantaine et ne concernait pas spécialement les hommes (Kimura et al., 2016). Après 50 ans, le nonénal semble donc la piste la plus pertinente des deux.
Sueur et bactéries
L’odeur corporelle naît de la dégradation de la sueur par les bactéries et les levures normalement présentes sur la peau (Manuel MSD, « Odeur corporelle »). Plus la sueur reste sur la peau ou dans les vêtements, plus ces micro-organismes ont le temps d’agir.
Médicaments et santé
Le NHS, le service de santé public britannique, cite certains médicaments, dont des antidépresseurs, parmi ce qui peut accentuer l’odeur corporelle, tout comme le surpoids et des maladies comme le diabète ou les maladies des reins et du foie (NHS, « Body odour », en anglais). Sa page sur les sueurs nocturnes ajoute que certains antidépresseurs, stéroïdes et antidouleurs peuvent faire transpirer la nuit. N’arrêtez jamais un médicament de vous-même : parlez-en d’abord à votre médecin traitant ou à votre pharmacien.
Vêtements et habitudes
La matière compte. Dans une étude belge, des t-shirts portés pendant une séance intensive de vélo d’intérieur sentaient plus fort et moins bon en polyester qu’en coton (Callewaert et al., 2014, Applied and Environmental Microbiology). L’étude portait sur la sueur et non sur l’âge, mais elle montre que les fibres synthétiques retiennent les odeurs. Un pull ou une polaire portés jour après jour gardent aussi le sébum. Côté assiette, le Manuel MSD cite le curry, l’ail, les oignons et l’alcool parmi ce qui peut jouer sur l’odeur.
Une routine simple
Rien de compliqué : quelques minutes par jour suffisent.
La toilette
- Lavez-vous chaque jour à l’eau et au savon. Le savon aide à rincer les résidus gras qui portent l’odeur.
- Commencez par la nuque et l’arrière des oreilles. La nuque concentre beaucoup de glandes sébacées et sudoripares, c’est pourquoi les chercheurs l’ont choisie pour mesurer le nonénal.
- N’oubliez pas la poitrine et le dos. Le dos est facile à négliger ; une serviette tenue par les deux bouts ou une brosse à long manche vous simplifiera la tâche.
- Lavez soigneusement les aisselles, l’aine et les pieds, puis séchez bien. Le NHS conseille de le faire au moins deux fois par jour.
- Utilisez un déodorant ou un anti-transpirant sous les bras. Votre pharmacien peut vous conseiller un anti-transpirant plus puissant si besoin.
Les vêtements
- Sous-vêtements, chaussettes et chemise propres chaque jour.
- Des matières qui respirent, comme le coton et la laine ; le NHS recommande les fibres naturelles plutôt que les synthétiques ajustés.
- Pulls, gilets et chemises à col lavés plus souvent que vous n’en avez peut-être l’habitude.
- Pensez aux manteaux, casquettes et écharpes : ils passent rarement en machine, alors qu’ils touchent la nuque.
Le lit et la maison
- Changez la taie d’oreiller une à deux fois par semaine, et les draps régulièrement.
- Aérez la chambre chaque matin.
- Lavez la housse ou le plaid de votre fauteuil habituel. Notre guide pour chasser l’odeur des vêtements et de la maison donne d’autres idées.
La routine en un coup d’œil
| Quand | Quoi | Pourquoi |
|---|---|---|
| Chaque jour | Toilette au savon : nuque, oreilles, poitrine, dos | Rincer le sébum avant qu’il ne rancisse |
| Chaque jour | Sous-vêtements, chaussettes et chemise propres | Sueur et sébum s’accumulent dans le tissu |
| Chaque matin | Aérer la chambre | Les odeurs s’attardent moins à l’air frais |
| Une à deux fois par semaine | Changer la taie d’oreiller | La tête et la nuque y reposent chaque nuit |
| Régulièrement | Laver pulls, manteaux et housses de fauteuil | Des textiles qui voient rarement la machine |
Un savon à l’extrait de kaki vous intrigue ? Lisez d’abord notre point honnête : le savon au kaki est-il efficace ? Notre comparatif présente les options de façon neutre.
Quand consulter votre médecin traitant
Prenez rendez-vous si votre odeur corporelle change nettement par rapport à d’habitude ou si vous vous mettez soudain à transpirer beaucoup plus : le NHS cite ces deux situations comme des raisons de demander un avis. De même pour des sueurs nocturnes fréquentes qui vous réveillent ou vous inquiètent, ou qui s’accompagnent d’une perte de poids inexpliquée. Ces changements peuvent avoir d’autres causes que l’âge.
Questions fréquentes
Les hommes ont-ils plus d’odeur liée à l’âge que les femmes ?
Ce n’est pas établi. Dans l’étude japonaise sur la nuque, le nonénal augmentait avec l’âge chez les deux sexes. La seule étude sur un savon et l’odeur liée à l’âge que nous avons trouvée ne portait que sur des hommes (Tatsuguchi et al., 2012, Journal of Japan Association on Odor Environment) : on manque donc de données sur les femmes sur ce point.
Faut-il se laver plus souvent ?
Une bonne toilette quotidienne est la base. En cas d’odeur corporelle marquée, le Manuel MSD conseille de se laver deux fois par jour à l’eau et au savon. Si votre peau se dessèche, prenez un savon doux ou un substitut de savon, puis hydratez-la.
Un proche me dit que mon odeur a changé. Que faire ?
Prenez-le comme un coup de main plutôt que comme un reproche. Suivez la routine ci-dessus pendant un mois, puis reposez la question. Votre nez s’habitue à votre odeur : un deuxième avis sincère vaut de l’or.
L’après-rasage ou l’eau de toilette aident-ils ?
Ils couvrent l’odeur un moment, mais la cause reste. Commencez par la toilette et des vêtements propres ; vous pourrez ensuite ajouter un parfum que vous aimez.